Progresser dans un canyon en sécurité

saint jeoire escalade

Pour progresser en sécurité dans un canyon ,il faut:

-que le canyon soit en condition

-que la météo soit stable

-que le niveau technique du canyon soit adapté au groupe

-que le groupe dispose du matériel et de l’équipement nécessaire.

Mais bon passons ses quelques généralités et concentrons nous tout d’abord sur les bonnes questions à se poser quand on est face à un obstacle.

La communication en canyon:ICI

I Le nœud en bout de corde.

Contrairement aux idées reçus et très rependu on met un nœud en bout de corde en canyon et la bonne question à se poser est :Est ce que je peux l’enlever ? 

Donc je peux enlever le nœud patate si:

-Je vois le bas de la cascade (si non risque de rappel trop court)

-Il n’y a pas de difficulté pour attraper le relais suivant (Main courante,relais fractionné,marmite suspendue …)

Dans tout les autres cas y compris la pose de mains courantes je laisse le nœud en bout de corde.

II Comment éviter un danger

a)Rappel arrosé:

canyon escalade haute savoie

le kit accroché au baudar,ici on évite

Le système débrayable ( 8 en buté et  le demi cab),c’est la base.

On ne respire pas longtemps sous l’eau donc ,il  faut libérer rapidement une personne bloquée sous une cascade donc:

On ne fait pas de rappel à double (même pour le dernier qui doit gérer un petit frottement il y a d’autres méthodes) ni avec un nœud en buté car un 8 coiffé est aussi rapide à faire et plus rapide à défaire et on ne perd les très nombreux bénéfices en terme de secours sur personnes bloquées sur corde( pas besoin de couper la corde) et en + on peut facilement gérer un frottement.

Le kit (sac) n’est ni sur le dos ,ni accroché au baudar,ils peuvent représenter un danger (déséquilibre ou accélération de la descente dut à une augmentation subite de votre poids )

Les systèmes débrayables marchent aussi au sec pour libérer une personne assommée par une pierre par exemple.

b)éviter un danger dut à une verticale aquatique(la gerbe est un problème).

Elle peut vous retourner et pas que l’estomac et le cerveau .

On l’évite généralement en faisant une déviation la suite dépendra du niveau du groupe.

1)Si le niveau du groupe le permet faire une déviation fixe (la même que la déviation rappelable mais version sécurisé sauf pour le dernier ou si il y a un skif à demeure )que tout le groupe clippera  à son passage.

2)Si le niveau du groupe n’est pas suffisant pour que tout le monde arrive à clipper la déviation en sécurité, mais tout le monde sait installer son descendeur et clipper un brin de guidage en sécurité ,il faut la faire rappelable puis la transformé en rappel guidé du bas.

3)Si le niveau du groupe n’est pas suffisant pour que tout le monde arrive à clipper la déviation en sécurité, et que tout le monde ne sait pas installer son descendeur et clipper un brin de guidage en sécurité.Il faut que vous ayez enseigné à l’un des participant à faire une déviation rappelable (mais du haut) afin qu’il descende en rappel ou mouliné avec un nœud de Mickey en bout de corde avec ses 2 mousquetons qu’il clippera dans relais du bas se qui vous permettra de rappeler la ou les déviations puis de convertir l’ensemble en rappel guidé du haut.

c) Une marmite suspendue,tournante et autre mouvement d’eau gênant en pied de cascade.

Nœud en bout de corde et 5 ,6 m de corde d’accélération.

canyon escalade haute savoie

exemple de marmite suspendue

Le premier a descendre descend soit en rappel (guidé ou pas avec l’aide d’une ancre flottante ),soit mouliné,mais toujours avec un nœud en bout corde( mickey ou patate ) et 5 ,6 mètres de corde entre lui et le nœud de bout de corde afin qu’il puisse accélérer sa descente si il en prend plein la tête ou nager + facilement dans la vasque.

Arrivé au relais suivant (main courante ou rappel) il raccorde la corde au relais puis il fait soit de quoi faire un rappel guidé , du haut ou du bas,soit un débrayé tiré. Moi j’aime bien les guidés c’est + ludique mais le choix se fera en fonction de:

-le guider passe plein pot dans la gerbe et c’est dangereux ou pas

-les participants veulent nager et /ou avoir la sensation d’être  + autonomes

-un débrayé tiré va plus vite à mettre en place

d) Gérer un frottement

Oui un frottement est un danger car il peut sectionner votre corde.

– en déplaçant le frottement grâce à un système débrayable ,quelques centimètres suffisent.

– en plaçant une protection,pied ou kit

on accroche la protection avec un système autobloquant nœud ou mécanique sur le brin de rappel pour le dernier sur une corde auxiliaire pour les autres.

– en déviant la corde sur soi avec l’aide d’une dégaine ou mousqueton pris sur le pontet du baudar

– en descendant à double car on repartis le frottement sur les 2 brins et on peut faire glisser les 2 brins l’un part rapport à l’autre,mais on risque + de se bloquer sur la corde et les possibilités d’auto secours sont + complexes .

e)Une approche de verticale délicate ou pour contourner un obstacle.

canyon escalade haute savoie

La main courante est ce qu’il te faut mais il en existe 2 grandes familles :rappelable ou fixe.

La fixe permet de mieux gérer un frottement dut à un angle par exemple.On peut plus aisément en gérer la hauteur grâce à la tension des boucles. Plus confortable pour progresser (la tension ne varie pas en fonction de comme tire les autres participants sur la corde ),on ne se fait pas écraser les doigts .En revanche, elle est + délicate à récupérer .

La rappelable est + facile à récupérer mais doit toujours être le + tendu possible (tout les avantages de la fixe ,se transforme en inconvénient pour la rappelable ),plus rapide à mettre en place.

Rappel:Tout ce qui est en place dans un canyon (corde ou câble ) ne sont que des aides à la progression et non des agrès de sécurité .Pour la votre de sécurité une seul solution poser votre corde.

III Comment aborder une grande verticale

canyon escalade haute savoie

primo se détendre

a)Si la longueur de la corde ne fait qu’une fois la hauteur de la cascade

Là il va falloir rabouté mais pour se qui est du premier on le mouline avec un nœud en bout de corde et 5 ,6 de corde entre lui et le nœud de bout de corde afin qu’il puisse accélérer sa descente si il en prend plein la tête ou nager + facilement dans la vasque.

Lorsqu’il arrive en bas, on raboute les 2 cordes (en haut) cotés descente du système en buté (l’autre coté du relais), puis il sort tout le supplément de corde de la vasque et se prépare à faire éventuellement un débrayé tiré afin d’aider la sortie de la vasque de ses partenaires.

Attention pour le dernier ,on enlève le système en buté si on veut pouvoir rappeler la corde et on installe un système débrayable du bas ,une fois tout ceci fait ,descendre coté nœud avec sécurisation du brin tendu avec un bloqueur sur le départ de la descente afin d’être sur de ne pas se retrouver par terre en cas d’erreur .

b) Grande verticale fractionnée

Tout d’abord on descend tranquille afin de ne pas rater les relais intermédiaires si on ne veut pas remonter sur la corde.Le nœud en bout de corde ( mickey ou patate ) est indispensable et le nœud autobloquant est souvent bien rassurant.Arrivé au relais intermédiaire ,on met un mousqueton primaire dans le haut du relais ,on se vache et on relie le nœud de bout corde a ce skif primaire.Enfin ,on installe le rappel suivant.Sur les grandes longueurs pour éviter l’accumulation de nouille ,on peut tisser un nœud patate ,libre dans le relais.

descendre canyon en sécurité

nœud patate ,libre dans le relais.

IV Comment aborder les jeux aquatiques

Tout d’abord on examine la vasque de réception ,profondeur,présence de branches ou de troncs ,la qualité du fond (rocher ou sable) , la puissance des mouvement d’eau (avec une « frite  réunionnaise « par exemple) .Ensuite on teste .

a)Les toboggans

canyon escalade haute savoie

On utilise une position adapté (sur le dos les fesses et les coudes bien rentrées) . Plus on est bien allongé et gainé + on glissera à une vitesse proche de celle de l’eau.Une fois rentré dans l’eau ,on amortit le fond avec ses jambes.

Donc pour tester, on jette un kit et on regarde se qui se passe normalement on devrait prendre la même trajectoire et atterrir au même endroit dans la vasque.Donc ensuite à vous de voir.On peut tester un toboggan très long par morceau mais attention de bien jeté le kit de tous les endroits où l’on veut commencer le toboggan car il y a certains toboggans où il faut une bonne vitesse afin de passer un rocher .

Rappel:Evidemment on sonde minutieusement la vasque de réception.

Rappel 2: les toboggans ne sont jamais obligatoires,mais permettent une progression + efficace.

b)Les sauts

Tout d’abord on vérifie que l’appel n’est pas glissant ou instable , on visualise bien la zone de réception et on saute comme il faut (appel franc ,entré dans l’eau avec les bras le long du corps, le + hydrodynamique possible ,gainé et enfin prêt à amortir le fond) .

Rappel:Evidemment on sonde minutieusement la vasque de réception.

Ps:A partir de 4 m de hauteur ,il y des risques de fractures de vertèbres (même en ayant fait le saut parfait), pour se qui est de la profondeur de la vasque 5 m peuvent suffire pour un saut d’une hauteur supérieur à 15m mais ça ne veut pas dire que pour un saut de 10 m ,2 m suffisent.

Rappel 2: les sauts ne sont jamais obligatoires,mais permettent une progression + efficace .

c)Le flotting

canyon escalade haute savoie

La règle de base c’est savoir où l’on va ,bien lire les topo afin de ne pas se laisser flotter puis emporter dans une cascade ou autre mouvement d’eau dangereux(siphon ,cravate ,  …) .

Ensuite c’est simple,les pieds en avant le + allongé possible et les fesses bien serré (la bite en avant pour les garçons pour les filles la foufoune en l’air) afin ne pas taper de cailloux avec les fesses (votre coccyx appréciera ).On amortie et on se repousse d’un rocher avec les jambes d’où l’intérêt d’avoir les pieds en avant et pas la tête (avec les bras et la nuque ça marche moins bien)

V Gérer les mouvements d’eau

Pour les comprendre ,il faut les lire , une « frite réunionnaise » (boudin de mousse accroché à une corde ) ou bout de bois peuvent vous y aider.Un peu de bon sens aussi si il n’y pas d’eau ou moins d’eau qui ressort de la vaque qu’il en entre c’est sans doute qu’il y a un siphon.En général ,on les évite mais parfois on les utilise (pour sortir d’une vasque tournante par exemple).

Ensuite ,il faut connaitre quelques bases:

descendre canyon en sécurité

Bleu:veine d’eau
rouge :contre courant
vert:zone de cisaillement

a)Veine d’eau:

Il s’agit du courant principal de la rivière ,elle suit la gravité.

b)Les rappels:

Mouvement d’eau que l’on trouve derrière une cascade ou une rupture de pente qui nous renvoie dans le bouillon ,on peut facilement s’y retrouver bloqué.Pour les reconnaître,il y a  soit une vague en avant du bouillon ,soit un champignon au niveau du bouillon .On s’en échappe soit par le fond ,soit par les bords ,souvent par un lancé de corde.Le mieux c’est d’arriver après (+ loin ).

descendre canyon en sécurité

c)Le contre courant:

Courant qui remonte la rivière , généralement derrière un rocher ou une zone abrité de la veine d’eau

d)La zone de cisaillement:

Zone sans courant ,c’est la frontière entre la veine d’eau et le contre courant

e)Le drossage:

Dans un virage ou contre un bloc au milieu de la rivière c’est le courant qui nous plaque contre la parois (parfois une grotte c’est formé en dessous ,danger mortel.L’absence de vague contre la parois peut en signaler sa présence).On amortie et on se repousser avec les pieds quand on est plaqué.

f)Les siphons (passage souterrain sous marin)

Il peuvent être ludique si on les a bien repérés et que l’on est sur que leur franchissement se fait sans problème ( rien ne l’obstrue ,le courant n’est pas un problème…) mais ils peuvent aussi des dangers mortels (cause de coincement mortel).

g)La cravate:

Débris cacher ou pas par l’eau qui vous bloque au niveau du ventre, avec du courant noyade assuré.

VI Assurer la sécurité du dernier

La sécurité du dernier n’est en général un problème que l’ors de franchissement de verticales délicates (frottement ou risque aquatique).En progression ,une bonne transmission des consignes et un groupe groupé (pas un groupe qui s’étale sur toute la largeur et la longueur du canyon)et  qui progresse en fil indienne est la bonne solution préventive (car le dernier n’est pas en train de courir après le groupe).

Si il n’y a pas de risque lié à l’eau,le risque de chute de pierre est limité et enfin que le dernier est capable en toutes circonstances de se débloquer de la corde seul sans avoir de risque de se noyer ,il peut descendre à double afin de gérer un frottement ou éviter un risque de coincement  de système en buté dans une petit gorge au moment de rappeler la corde.

a)Gérer un rappel avec de l’eau

Une solution le débrayable du bas (guidé ou pas ).

b)Pour les frottements

Une protection fixé sur la corde de rappel ou un débrayable du bas (guidé ou pas ).

c) Un rappel au sec avec un mouvement d’eau au pied

Le rappeler  tirer  est une bonne solution

VI Les systèmes de contre assurage

1) En boucle

-Consiste a tenir la corde de rappel sous la main de la personne qui descend,c’est pas mal de faire passer la corde sous ses fesses ,ça lui permettra de repartir + facilement en cas de lachage de main la corde serra toujours vers le bas au départ de son 8.

-C’est comme le contre assurage du bas mais en haut, du coup ça fait une boucle,d’où le nom (trop balaise le Will).

-Idéal pour gérer les départ de relais délicat.

-En revanche si la réception n’est pas au sec ,on ne peut pas contre assurer la personne sur plus de la moitié de la cascade.

Si c’est sec ou sans mouvement d’eau ,on peut sortir 2 x plus de corde que nécessaire et contre assurer toute la longueur de descente.

canyon escalade haute savoie debraillé du bas

2)avec une corde auxiliaire (idéalement qui fait juste 2  fois la longueur de la cascade afin de faire un va et vient et ne pas avoir à ré-avaler la corde après chaque passage)

-on accroche une corde auxiliaire avec l’aide d’un skif à vis dans le pontet de la personne qui descend.

-on relie cette corde au relais avec un mousqueton et on fait un demi cabestan 

-on laisse ce brin un peut mou afin que la personne gère seul sa descente mais on se tient prêt à bloquer

-arrivé en bas ,il dé-clipse le mousqueton de son baudar (veiller à ce qu’il le laisse sur la corde)

3)avec un nœud autobloquant

Sans doute la + désagréable pour celui qui descend ,il faut bien régler la longueur du ficellou afin de pouvoir dire a la personne de garder la main qui tient l’autobloquant en contact avec le baudar ,le 8 est en bout de longe (Attention au choix du frein il ne faut pas qu’il vrille la longe ,risque de la couper)

4) le contre assurage du bas

Autorisé par le CREPS de Montpellier (mon favoris) et en stage fédéral, interdis par le CREPS de Vallon (des cons mais pour d’autres raisons).

Néanmoins il nécessite  une très grande attention de la part de la personne qui contre assure mais aussi un choix de position de descendeur qui freine fort. De plus je pense que si la personne qui descend est assommé par une chute de pierre ,je doute que le contre assureur reste au pied de la cascade et tire sur la corde tout en évitant les pierres.

-le contre assureur est en bas et tient le brin de descente dans la main

-en cas de problème ,il tire vivement sur ce brin ,ce qui  arrête la descente

VIII Le briefing et les consignes

Indispensable pour être un bon leader , des consignes claires et concises .

saint jeoire escaladebriefing de base

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