Les cotations en montagne

Tout d’abord,il peut être bon de préciser que les cotations s’entendent en libre,c’est à dire sans point d’aide,que se soit la corde ou une dégaine et de +,il faut enchaîner la voie c’est à dire la faire sans se faire prendre sec et sans autre repos que les repos naturels que propose la voie.

Un peu d’histoire tout d’abord:

-la première échelle de cotation a été inventé en 1925 par l’alpiniste allemand Willo Welzenbach (1900-1934). Elle  comporte alors  six degrés (I,II,III,IV,V,VI) on parlera donc de premier degré …. et sixième degré avec des -et+ pour nuancer les transitions de degrés , le premier degré étant celui où apparaît la nécessité d’utiliser les mains, et le sixième la limite des possibilités humaines le septième dégrée (VII et ABO) apparaîtra en 1970 ,les a ,b, c sont arrivée  en 1974 grâce à Pierre -Allain (un autre,le notre n’est pas si vieux quoi que).La cotation en chiffre romain, s’adresse aux passages ,en revanche les 6 degrés F, PD, AD, D, TD et ED représentent la cotation générale de la voie.

F:facile

PD: Peu Difficile

AD : Assez difficile

D: Difficile

TD: Très Difficile

ED: Extrêmement Difficile

ABO: Abominable

 

On ne l’utilise aujourd’hui qu’en alpinisme ou en terrain d’av (ou trad) , les chiffre romain quand à eux ne représentent qu’une cotation d’engagement.

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La cotation d’engagement en alpinisme,glace…(bref tout ce qui engage)

La cotation d’engagement prend en compte le degré de danger dans lequel se trouverait une cordée si un problème survenait. Les critères pris en compte sont l’éloignement par rapport au refuge à la vallée… ainsi que les possibilités de redescente, d’échappatoire ou d’altitude.
 -I: Itinéraire court, peu éloigné, descente facile, proche du refuge, de la vallée….
-II : Itinéraire un peu plus long, la descente demandant parfois de l’attention, peu de dangers objectifs. Il est facile de faire demi-tour et les secours peuvent être alertés rapidement.
-III: Itinéraire plus long, parfois éloigné, retraite possible mais délicate. En cas de mauvaises conditions météorologiques, les secours peuvent avoir de grosses difficultés pour intervenir.
-IV : Itinéraire d’ampleur demandant une bonne expérience. Approche longue et descente compliquée. Risques objectifs et retraite délicate. Itinéraire dangereux en cas de mauvais temps.
-V : Itinéraire long et engagé sur grande paroi d’accès difficile. Choix de l’itinéraire, longueurs difficiles et soutenues. Retraite et descente difficiles, risques objectifs importants. Impossibilité de faire demi-tour. En cas de mauvais temps l’itinéraire peut s’avérer très dangereux.
-VI : Itinéraire de grande face dont toutes les longueurs sont soutenues. Assurage compliqué, retraite aléatoire. Descente longue et difficile. Itinéraire très exposé aux dangers objectifs. La cordée doit pouvoir compter sur elle même en cas de problèmes et en cas de mauvais temps.
-VII : Pire ou mieux suivant les goûts

 

La cotation en escalade en France

Ça va de 1 à 9 voire + ,et donc une voie en 1 est plus facile qu’une voie en 9 .A partir du 3 en divise la cotation par de a,b,c et éventuellement un + (a est + facile que b qui est plus facile que c)

Les cotations d’escalade dans le monde

Un bon tableau vaut mieux qu’un long discours.

 

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Les cotations blocs

Elles sont nées à Bleau et sont les mêmes en + dure (6A =6c mais ça ne veut pas dire grand chose,c’est pas le même effort) que les cotations d’escalade libre,sauf que les lettres minuscules sont remplacés par des lettres majuscules afin de ne pas confondre les 2 cotations.Normalement,elles prennent en compte la hauteur et la réception du bloc . On trouve aussi des parcours des plusieurs blocs repérés par des couleurs (flèche ou point pour indiquer les mains de départ ).

 

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La cotation d’escalade artificiel (ceux qui tirent aux points)

Ces cotations prennent en compte les conséquence d’une chute et un peu les moyens (pour A1)

  • A0, tous les points sont en place et résistent à une chute. Si vous rencontrez dans une voie de plusieurs longueurs une section A0, c’est généralement une longueur dite « tire clou »(on prend la dégaine dans la main et on tire), qui vous aide à franchir une section difficilement réalisable en libre ;
  • A1, le grimpeur équipe lui-même la voie ou une partie de celle-ci, les points résistent à la chute. Le matériel utilisé est composé de pitons, de coinceurs, de friends, de coins de bois,étrillé .
  • A2 : La cordée équipe la totalité de la voie. La majorité des points résistent à une chute. Certains passages sont plus techniques et les passages délicats correspondent entre 5 et 10 points successifs.
  • A3 : Les passages techniques sont plus longs et peuvent être réalisés sur crochets. Néanmoins des points bétons du type spits ou pitons scellés sont en place entre les passages techniques. La chute potentielle peut atteindre entre 20 et 25 mètres.
  • A4 : Très longues sections techniques, les points d’assurage (à opposer aux points de progression) peuvent avoir 10 mètres d’écart. La progression devient plus lente. Une longueur peut demander plusieurs heures. Des points solides entrecoupent ces sections très délicates. La chute potentielle peut atteindre les 50 mètres.
  • A5 : Extrême, tous les points sont des points de progression et pas des points d’assurage. La chute est interdite. L’ascension d’une longueur peut devenir interminable, de plusieurs heures à la journée.
  • A6 : Les points ne résistent qu’au poids du grimpeur. Les points et même les relais ne résistent pas à un vol. La chute est donc strictement interdite.

La cotation en cascade de glace

Il s’agit d’une cotation à double entrée ex III 4, le premier chiffre est + une cotation  de difficulté générale,le deuxième cote la difficulté technique du passage le + dure et l’engagement dut à la qualité de la glace.

Les différentes cotations s’échelonnent entre le Grade III et le Grade VII :
Grade III : Peu d’inclinaison, 75° avec de nombreux ressauts. La glace est bien compacte.
Grade III+ : Identique au Grade III avec un ressaut plus raide (80°).
 Grade IV : Passage raide à 85° sur 10 mètres avec une glace compacte.
Grade IV+ : Identique au Grade IV, mais le passage plus raide peut aller jusqu’à la verticale sur environ 15 mètres.
Grade V : Passages verticaux sur 20 mètres. La glace commence à s’aérer et donne des formes particulières, comme des « cigares » en cascade de glace.
Grade V+ : Plus technique, les passages verticaux peuvent atteindre 30 mètres.
Grade VI : Technique, les passages verticaux peuvent atteindre 40 à 50 mètres.
Grade VI+ : Voie totalement verticale, avec des passages en petits surplombs.
Grade VII : Escalade extrême et technique. Très raide avec de gros surplombs.

Le degré de difficulté technique s’échelonne de 1 à 7 et peut varier suivant les conditions de la glace :
1 : Cascade présentant des passages à 50 / 60°.
2 : Cascade présentant des passages à 60 / 70° avec de bonnes possibilités d’assurage.
3 : Cascade présentant des passages à 70 / 80°.
4 : Cascade présentant des passages à 75 / 85° avec une courte section verticale.
5 : Cascade présentant une section à 85 / 90°. Condition de glace délicate.
6 : Cascade présentant une longueur difficile demandant une bonne maîtrise technique. Qualité de glace délicate et ancrages difficiles.
7 : Grande maîtrise technique, gros mental et très difficile.

Les cotations en canyon

Il s’agit d’une cotation à triple entrée (existera-t-il une cotation + complexe dans le futur en cascade de touf peut etre 😀 ) ex: 4/4/II

Le premier chiffre représente la cotation de verticalité,le deuxième la cotation aquatique et enfin le troisième la cotation d’engagement.

La cotation aquatique s’entend normalement à l’étiage

Difficulté Caractère vertical (v) Caractère aquatique (a)
1
très facile
Aucun rappel, corde inutile.
Aucun passage d’escalade / désescalade.
Absence d’eau ou marche en eau calme.
Nage facultative.
2
facile
Rappel(s) d’accès et d’exécution facile et à 10m. Nage 10m de longueur en eau calme.
Saut d’exécution simple et à 3m.
Toboggan court ou à faible pente.
3
peu difficile
Verticales à faible débit. Réception en vasque avec nage en eau calme.
Rappels d’accès et d’exécution simples à 30m, séparés, au minimum, par des paliers permettant le regroupement.
Pose de main courante simple.Marche technique qui nécessite une attention particulière (appuis précis) et une recherche d’itinéraire sur terrain pouvant être glissant, instable, accidenté, encombré ou dans l’eau.Passages d’escalade / desescalade (max. 3+), peu exposés et pouvant nécessiter l’usage d’une corde.
Nage à 30m en eau calme.
Progression en courant faible.
Saut d’exécution simple de 3 à 5m.
Toboggan long ou à pente moyenne.
4
assez difficile
Verticales de débit faible à moyen pouvant commencer à poser des problèmes de déséquilibre ou de blocage.
Rappel(s) d’accès difficile et/ou rappel(s) > à 30m.
Enchaînement de rappels en paroi avec relais confortables.Gestion des frottements nécessaire.Pose de main courante délicate.
Rappel où le bas est non visible du départ. Réception en vasque avec mouvements d’eau.
Passage d’escalade / desescalade (max. 4+ ou A0), exposés et/ou nécessitant l’usage des techniques d’assurage et de progression.
Immersion prolongé entraînant une perte calorifique assez importante.Courant moyen
Saut d’exécution simple de 5 à 8m.
Saut avec difficulté d’appel, de trajectoire ou de réception à < 5m.
Siphon large de moins d’ 1m de longueur et/ou de profondeur.
Grand toboggan ou à forte pente.
5
difficile
verticales de débit moyen à fort, franchissement difficile nécessitant une gestion de la trajectoire et/ou de l’équilibre.
Enchaînement de rappels en paroi avec relais aériens, franchissement de vasque durant la descente.
Support glissant ou présence d’obstacle.
Désinstallation de la corde difficile (en position de nage, etc).
Passages d’escalade / desescalade exposés (max. 5+ ou A1)
Immersion prolongée en eau froide entraînant une perte calorifique importante;
Progression en courant assez fort, pouvant perturber les trajectoires de nage, les bacs, les stop ou les reprises.Difficultés obligatoires liées à des phénomènes d’eau vive ponctuels du canyoniste.Saut d’exécution simple de 8 à 10m.
Saut avec difficulté d’appel, de trajectoire ou de réception de 5 à 8m.
Siphon large et jusqu’à 2m de longueur et/ou de profondeur.
6
très difficile
exposé
Verticales de débit fort à très fort.
Cascade consistante. Franchissement très difficile,nécessitant la gestion efficace de la trajectoire et/ou de l’équilibre.Installation de relais difficiles: mise en place délicate d’amarrage naturel.
Accès au départ du rappel difficile: installation d’une main courante très délicate.
Passage d’escalade / desescalade exposé (max. 6a ou A2).Support très glissant ou instable.
Vasque d’arrivée fortement emulsionnée.
Progression en courant fort rendant toute technique de nage en eau vive difficile à exécuter.
Mouvements d’eau bien marqués (drossages, contre-courant, rappels, etc) pouvant entraîner un blocage assez prolongé du canyoniste.Saut d’exécution simple de 10 à 14m.
Saut avec difficulté d’appel, de trajectoire ou de réception de 8 à 10m.
Siphon large jusqu’à 3m de longueur et/ou de profondeur.
Siphon technique jusqu’à 1m max. avec courant éventuel ou cheminement.
7
Extrêmement difficile
très exposé
Verticales de débit très fort à extrêmement fort
Cascade très consistante.Fanchissement extrêmement difficile nécessitant l’anticipation et la gestion spécifique de la corde, de la trajectoire, de l’équilibre, des appuis et du rythme.
Passages d’escalade / desescalade exposés, au-dessus de 6a ou A2.Visibilité limitée et obstacles fréquents.
Passage possible en fin de rappel dans une ou des vasque(s) avec mouvements d’eau puissants.Contrôle de la respiration: passage(s) en apnée.
Progression en courant très fort rendant toute technique de nage en eau vive extrêmement difficile à exécuter.
Mouvements d’eau violents (drossages, contre-courant, rappels, etc) pouvant entraîner un blocage prolongé du canyoniste.Saut d’exécution simple > à 14m.
Saut avec difficulté d’appel, de trajectoire ou de réception > à 10m.
Siphon large > à 3m de longueur et/ou de profondeur.
Siphon technique et engagé > à 1m avec courant ou cheminement ou sans visibilité.

Tableau engagement et envergure des canyons (pour un groupe de 5 personnes)

I Possibilité de se mettre hors crue facilement et rapidement.
Echappatoires faciles, présentés sur toutes les portions du parcours.
Temps de parcours du canyon (approche + descente + retour) < à 2 heures.
II Possibilité de se mettre hors crue en 1/2 heure de progression maxi.
Echappatoire(s) en 1/2 heure de progression maxi.
Temps de parcours du canyon (approche + descente + retour) entre 2 et 4 heures.
III Possibilité de se mettre hors crue en 1/2 heure de progression maxi.
Echappatoire(s) en 1 heure de progression maxi.
Temps de parcours du canyon (approche + descente + retour) entre 4 et 8 heures.
IV Possibilité de se mettre hors crue en 1 heure de progression maxi.
Echappatoire(s) en 2 heures de progression maxi.
Temps de parcours du canyon (approche + descente + retour) entre 8 heures et 1 jour.
V Possibilité de se mettre hors crue en 2 heures de progression maxi.
Echappatoire(s) en 4 heures de progression maxi.
Temps de parcours du canyon (approche + descente + retour) entre 1 et 2 jours.
VI La possibilité de se mettre hors crue peut demander plus de 2 heures de progression.
Le temps nécessaire pour s’échapper est suppérieur à 4 heures de progression.
Temps de parcours du canyon (approche + descente + retour) > à 2 jours.

Il est important de noté que la présence d’un seul des critères permet de valider une cotation.

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